DOSSIER RETRAITES

Le 7 septembre doit être non seulement puissant dans la rue, mais aussi par des grèves dans les entreprises. En effet, c’est le jour où commence à l’Assemblée Nationale le débat sur le projet de réforme des retraites.

Repères chiffrés

?PIB de la France : environ 1900 milliards d’euros en 2009

?Masse salariale : environ 1200 milliards en 2009

?Déplacement de 8,8 points de PIB : environ 167 milliards par an (en valeur actuelle)

?Dividendes : 160 milliards

?Augmentation des dividendes depuis 1982 : 100 milliards.

?Déficit prévu pour la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) en 2010 : 10 milliards, soit seize fois moins que le détournement de valeur ajoutée au profit du capital.

?Déficit prévu pour l’ensemble des régimes de retraites en 2010 : 32,2 milliards, soit cinq fois moins que le détournement précédent. Ce déficit n’était que de 2,2 milliards en 2006 avant la crise.

Ce projet doit être purement et simplement retiré car c’est un projet antisocial qui va accroître les injustices.

Nous ne voulons pas travailler toujours plus pour obtenir une pension de retraite dérisoire.

L’allongement de la durée de cotisations à 41,5 annuités en 2020, le recul de deux ans de l’âge légal de départ à la retraite (de 60 à 62 ans) et le report de deux ans (de 65 à 67 ans) du bénéfice du minimum vieillesse ou d’une retraite à taux plein sans décote a pour objectif une baisse massive du niveau des pensions.

Avec les réformes de 1993, de 2003 et de 2007, le niveau des pensions continue de baisser.

En effet, un-e retraité-e touche actuellement 72% de son salaire antérieur au lieu de 75% en 1995. Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a calculé que cette moyenne devrait tomber à 65% en 2020 et à 59% en 2050.

C’est bien évidemment sans compter le chômage qui touche de plus en plus de seniors.

L’actuel projet de réforme accélèrerait cette chute.

Le projet de réforme des retraites, s’il venait à être voté, aurait pour conséquence une augmentation du chômage des jeunes (deux années de travail de plus pour un senior = 1 million d’emplois en moins).

En juin 2010, il y avait déjà un tiers de jeunes au chômage de plus qu’en juin 2008. Il accroîtrait la paupérisation de ceux qui partiraient en retraite.

Les plus de 50 ans étaient déjà 700 000 au chômage en juin 2010, soit une augmentation de 37% par rapport à juin 2008. Et la situation se dégrade pour les plus de 55 ans. Autrement dit, la période de chômage constituerait l’antichambre de la retraite…avec les conséquences désastreuses au niveau même des pensions.

Le projet de réforme des retraites fait partie intégrante du plan de rigueur français. De ce point de vue, le gouvernement français est au diapason avec les gouvernements des pays européens. Il est vrai que l’Union Européenne dans son livre vert sur les retraites, pousse tous les états membres au recul de l’âge de la retraite au nom « de la cohésion économique et de la viabilité des finances européennes ». Elle recommande de travailler au moins jusqu’à 64 ans et d’avancer sur les régimes de retraites par capitalisation.

Gagner sur les retraites sera une victoire importante. Elle ouvrira une première brèche pour gagner sur l’ensemble du plan de rigueur.

Pour garantir durablement le financement des retraites, la CGT propose une réforme de celui-ci.

Les principaux éléments de cette réforme seraient les suivants :

1) Mettre fin aux exonérations de cotisations patronales, ce qui représenterait 32 milliards d’euros ;

2) Faire cotiser sur l’intéressement, la participation et l’épargne salariale qui font perdre plusieurs milliards d’euros tous les ans aux retraites (évalués, par la cour des comptes, à 10 milliards d’euros de manque à gagner en 2009) ;

3) Instituer une contribution sur les revenus financiers des entreprises, intérêts et dividendes.

L’ensemble de ces mesures permettrait, en contribuant au plein emploi et en apportant des ressources nouvelles, de dégager les 5 à 6 points de PIB nécessaires d’ici 2050 pour garantir de bonnes retraites.

4) Instituer une modulation des cotisations employeurs à partir dedeux facteurs :

- La part des salaires dans les richesses produites : le taux de cotisation serait plus faible pour les entreprises dans lesquelles la part des salaires est élevée - par exemple dans le bâtiment et travaux publics - à l’inverse, elle serait plus importante quand elle est faible comme dans la pétrochimie ou l’immobilier.

- La politique d’emploi des entreprises : le taux de cotisation serait plus faible pour les entreprises qui créent des emplois et plus fort pour celles qui ne cessent d’en détruire.

Les chiffres de la rentrée…

Ó 22,6 milliards d’€, c’est le coût du projet de réforme des retraites pour les salariés,

Ó 4,4 milliards d’€, c’est le montant de la participation demandée par le gouvernement

aux entreprises et hauts revenus…

Ó 20 milliards d’€, c’est ce que rapporterait la mise à contribution des revenus financiers

des entreprises s’ils étaient soumis à la cotisation retraite patronale.

C’est aussi, en dollars, le montant estimé de la fortune personnelle de Liliane Bettencourt…

Ó 10 milliards d’€, c’est, selon la Cour des Comptes, ce que peut rapporter pour les

retraites la mise à contribution des revenus non soumis à cotisation (intéressement, stock

options, participation etc.) …

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